LA GROSSESSE EXTRA-UTERINE : ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUES, CLINIQUES ET THERAPEUTIQUES AU CENTRE DE SANTE GASPARD KAMARA DE DAKAR (SENEGAL)
Résumé
Introduction : la GEU reste une pathologie grave et vécue comme un véritable drame par les femmes.
Méthodologie : il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive et analytique des cas de grossesses extra – utérines pris en charge à la Maternité du Centre de Santé de Gaspard Kamara entre le 21 Mars 2022 et le 16 Octobre 2023. Les aspects diagnostiques, thérapeutiques et pronostiques étaient étudiés. Les données étaient saisies et analysées par les logiciels Excel 2010 et Epi info 7.2.
Résultats : la fréquence de la GEU était de 0,96 %. Le profil épidémiologique était celui de la femme d’âge moyen estimé à 28 ans, mariée (86,21%), instruite (25,86%) essentiellement de niveau supérieur, provenant de zones urbaines (72,41 %), primigeste (56,90%) qui présentait essentiellement comme facteurs de risque les IST (33 %), les avortements (22 %), la contraception orale (14 %), tabagisme actif (9 %) antécédent de GEU (5 %), et qui avait consulté principalement pour des douleurs abdomino-pelviennes (38 %). L’état hémodynamique était bon chez 84 % des patientes et un état de choc hémorragique était noté chez 7 % des patientes. Le toucher vaginal combiné au palper abdominal révélait principalement une masse latéro-utérine dans 1,72% des cas. La culdocentèse était réalisée chez 4 patientes (soit 7 %). Le dosage plasmatique du taux d’HCG était réalisé chez 17 patientes soit 29,31%. La grande majorité des femmes (n=57 soit 98,28 %) avait bénéficiée d’une échographie pelvienne confirmant d’emblée le diagnostic de GEU par la présence d’un sac gestationnel extra-utérin dans 100 %. L’âge gestationnel au moment du diagnostic était inférieur à 7 SA chez 43,10 % des patientes. L’abstention thérapeutique et le traitement médical sont réalisés respectivement dans 3,45 et 6,90 % des cas dans notre étude. Le traitement chirurgical (n=52 soit 89,65 %) était volontiers radical dans 86,54 % des cas. L’évolution en post-opératoire était simple dans la majorité des cas (58,62%). L’anémie était la principale complication retrouvée avec un taux de 41,38%. Le recours à la transfusion sanguine fut nécessaire chez 6 patientes (soit 10,64 %). La mortalité était nulle dans notre série.
Conclusion : la GEU demeure une pathologie obstétricale redoutable en termes de morbi-mortalité maternelle au Sénégal. Malgré un diagnostic plus précoce et une prise en charge de plus en plus diversifiée, la chirurgie reste la pierre angulaire du traitement.
